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Le génie-Elizabeth Gilbert

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L’illusion de la passion – Nicolas Beretti
Le flux, ou la réalité temporairement suspendue – Mihaly Csikszentmihalyi
Le pouvoir de la vulnérabilité – Brene Brown

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Faire un écart, ou la critique du management

La lecture de deux livres en même temps peut parfois donner lieu à des éclairages originaux… Regards croisés

Les deux ouvrages en question sont d’une part La comédie (in)humaine de J.de Funès, philosophe, et N.Bouzou, économiste  – essai critique du management moderne-, et d’autre part l’Ecart et l’Entre de François Jullien, philosophe -leçon inaugurale de la chaire sur l’altérité-. 

La comédie (in)humaine

La Comédie (in)humaine fait une critique acerbe du management français, en en pointant les dérives les plus criantes : l’infantilisation des salariés, les  teambuidings d’une éthique douteuse et d’un professionnalisme très relatif,  l’injonction du bonheur au travail, l’obsession du collectif sur l’individuel, le jargon dénué de sens, le courage managérial à la botte et à la hauteur des modes manageriales  successives pour en arriver au non-sens des Chief Happiness Officer, et je passe sur les réunions inutiles et l’infobésité numérique.

À la fin de l’essai, les auteurs présentent 15 propositions « pour être plus efficaces » parmi lesquelles : « diminuer de 50% le temps passé en réunion », « supprimer les activités ludiques des séminaires », « détruire les silos dés qu’ils se forment etc;.. »

En plus de son titre génial, et de l’énergie libératrice qui se dégage d’un tel manifesto, certains lecteurs, fins critiques ont opposé à cet essai des manquements importants:

  • Un écrit plein de croyances et de d’injonctions qui se présente avec les mêmes défauts qu’il dénonce;
  • Un manque de vision systémique mettant  en porte-à-faux les managers sans mettre en lumière les interactions avec les autres composantes du système de l’entreprise.
  • Des solutions proposées qui semblent naïves par leur abstraction, très très loin de la réalité terrain. Dans ces solutions, selon les détracteurs, beaucoup de banalités énoncées sous forme de « commandements » , mais aucune opérationalité.
  • laisser le lecteur penser que cette liste de solutions est applicable à tous, et condition pour réussir à être plus efficace;

Et en même temps…. je me mets à lire la leçon inaugurale de François Jullien sur la chaire de l’Altérité , l’écart et l’entre

L’écart et l’entre

Dans ce discours sur l’altérité, l’auteur, François Jullien, philosophe, helléniste et sinologue, explique qu’il a déployé son travail à partir des pensées de la Chine et de l’Europe, non pas pour les comparer, mais pour qu’elles puissent se regarder l’une l’autre. En quelque sorte, qu’il a appris le chinois pour mieux lire le grec!

Il y est expliqué (pardon pour ce résumé tellement moins riche que la parole de l’auteur, mais je cherche à tracer la piste) que lorsque l’on recherche la différence, alors notre but c’est identifier. Que la différence est un concept de rangement. Elle nous place « dans une logique d’intégration – à la fois de classification et de spécification-, et non pas de découverte. La différence n’est pas un concept aventureux ».

Et c’est bien ce que nous avons tendance à faire : différentier pour identifier, pour spécifier, et ainsi pensons-nous réfléchir, et aboutir à de nouvelles pensées. Sauf que cette manière de faire nous laisse dans ce que nous connaissons déjà, dans notre cadre de référence.

Et c’est alors que l’auteur, nous propose de créer des écarts entre les pensées, comme on écarterait une table et une chaise, pour changer de cadre. Non pas pour les différentier et les ranger dans la case « mobilier », mais pour créer une distance, une tension entre les deuxTandis que la différence établit une distinction, l’écart établit une distance. Et cette distance, c’est l’espace que par déplacement je peux ouvrir entre les deux.

Et voir ce qui se passe « entre« .

  1. L' »entre », c’est là où tout se joue. C’est là où la pensée peut se déployer en se réfléchissant dans l’autre polarité. « Ainsi l’écart est-il une figure non pas de rangement mais de dérangement, faisant paraitre non pas une identité, mais ce que je nommerais une fécondité ». 
  2. Faire une écart, c’est sortir de la norme, procéder de façon incongrue, opérer quelque déplacement vis-à-vis de l’attendu et du convenu. 

L’auteur propose d’utiliser cet « entre » comme un outil pour explorer ce qui se passe entre deux langues pour un traducteur, entre deux séances pour un thérapeute, entre deux pensées, et l’utiliser comme une alerte, un élan un essor qui ne peut se déployer que dans cet « entre ».

Et si… on regardait ces ouvrages l’un à travers les yeux de l’autre?

Et si toutes les injonctions, toutes les propositions que contient La comédie (in)humaine étaient décalées, mises en tension? Si on les utilisait pour créer un écart, et voir ce qui se passe entre ces polarités?

Si, au lieu de comparer ou d’opposer le « collectif » à « l’individu » dans les questions de management – question tout-à-fait pertinente-, on faisait un écart et on regardait ce qui se passe dans la distance entre le collectif et l’individu.

  • Comment ce collectif dévisage l’individu, et comment à son tour l’individu dévisage ce collectif?
  • Comment ces deux dynamiques, ces deux concepts se voient-ils à travers le regard de l’autre?
  • Et donc, comment deviennent-ils partenaires dans cette relation? Une exploration peut alors commencer.

Ce regard permet d’envisager l’entreprise comme l’entité au sein de laquelle ces deux polarités existent.

De la même manière, quelle nouvelle perception de l’entreprise peut-on avoir en se demandant ce qui se passe entre les activités ludiques des séminaires tant critiqués dans l’essai, par exemple, et les fameux objectifs à atteindre. Qu’est ce que les unes font apparaitre des autres, et inversement?

« Faire une écart, c’est sortir de la norme, procéder de façon incongrue, opérer quelque déplacement vis-à-vis de l’attendu et du convenu ». 

Première idée exploratoire

 Jouer, c’est sérieux! On joue  à « faire comme si ». Lorsqu’on joue, on a fait tomber certaines contraintes liées à la réalité physique (lieu/ temps/ identité…) mais on réalise les choses très sérieusement dans cette nouvelle réalité. Il s’agit de créer une nouvelle réalité temporaire.

  • Qu’est ce qui en entreprise relève de la réalité temporaire?
  • Comment faire pour ne pas la confondre  avec la réalité tout court?
  • Quels jeux se jouent en entreprise, dans la vie quotidienne ?
  • Quelles sont les différentes réalités temporaires qui sont crées et quelles créations en découlent?
  • Comment décide-t-on de participer à la construction d’une réalité temporaire?
  • Quelle part pour chacun?
  • Quel commun crée-t-on?
  • Comment faire le lien avec la réalité … tout court?
2ème idée exploratoire

Le jeu, c’est le royaume du « comment » de la représentation, et non du « pourquoi » (le pourquoi étant donné dans la règle du jeu). Le jeu serait-il le royaume des managers dont le rôle consiste à trouver avec leurs équipes les manières d’atteindre les objectifs? Que dirions-nous de l’entreprise dans laquelle le travail quotidien serait un jeu et le séminaire annuel le moment sérieux de l’année? 

3ème idée exploratoire

la tension qui apparait entre « des séminaires ludiques » et des « objectifs à atteindre »imprègne tous les comportements et tous les usages de l’entreprise. S’amuser ensembles, être sérieux individuellement… Se jouer des contraintes  individuellement, faire équipe ensemble… Envoyer des mails sur les objectifs sans tenir compte des règles du jeu de la communication…

Une conclusion

De ces pensées nées de la rencontre inopinée des ces deux livres dans le même temps je retiens l’idée que la Comédie (in)humaine a le grand mérite de nous proposer des polarités franches qu’il nous appartient, à nous lecteurs, de mettre en distance – et non en distinction- pour aller s’aventurer dans l’entre des choses, là ou tout se passe dans la réalité quotidienne et concrète des entreprises.

En pensant à l’entreprise, je pense à ce foyer d’altérité – véritable question de management- qu’elle représente, et je ne peux m’empêcher d’avoir encore une fois en tête la fameuse devise de la Comédie Française, « Simul et Singulis », être ensemble et être soi-même…En même temps. Au regard de L’écart et l’entre, tout ce qui est contenu entre simul et singulis me semble d’une richesse sans fin.

Personal branding épisode 3

Après les préalables importants sur la notion de Personal Branding ICI et ICI, voici une fiche-synthèse sur ce que c’est, et les premières choses à mettre en oeuvre pour s’y lancer.

Prêts?

Un peu d’histoire

Qui a inventé le Personal Branding? 

Hollywood. Comme d’habitude lorsqu’on parle de communication et d’innovation!

La marque qui est Personne, la Personne qui devient Star. La Star, un être en qui chacun s’identifie et qui s’identifie à tous. Un être de fond et non de forme contrairement aux idées reçues. Un être immortel. »Jacques Séguéla in « Hollywood lave plus blanc »

Qui a théorisé le Personal Branding? 

  • Al Ries et Jack Trout en 1981 dans leur livre Positionning- How to be seen and heard in the overcrowded marketplace

Tom Peters, dans un Article pour Consultants« IT IS SIMPLE, YOU ARE A BRAND » 1997 – , Peter Montoya :2002 THE BRAND CALL YOU et William Arruda 2007 METHODE ACCESSIBLE PAR INTERNET « REACH CC »qui parlent de marque pour la première fois

Et en France? 1981, Jacques Séguéla propose la personne-marque avec la Force Tranquille

Une définition du Personal Branding

Le personal branding c’est un processus qui permet de dé-couvrir sa communication et son image personnelle (orale, écrite, numérique) de manière claire, cohérente et crédible, pour se démarquer et se de faire reconnaître dans son environnement professionnel ou sur son marché pour réussir.

ou

communiquer pour RÉVÉLER UNE IMAGE FORTE ET AUTHENTIQUE DE SOI-MÊME,

(N.B.: attention chaque mot compte)

Pour quoi faire?

  • pour trouver un stage, un premier emploi
  • pour trouver un nouvel emploi
  • évoluer au sein de son entreprise
  • atteindre des fonctions qui nous semblaient très hautes
  • pour réaliser ses projets

bref, pour les salariés, les indépendants, les étudiants, les porteurs de projet.

Et c’est difficile?

Un peu. Avant il était facile de dire qui on était. On était défini par –  l’appartenance à une famille,

ou
l’appartenance à un métier ou à une entreprise;

Aujourd’hui c’est plus compliqué de dire qui on est!

  • on a plusieurs activités en même temps, soit par nécessité, soit par envie d’accomplissement;
  • on a des métiers qu’il est difficile de définir parce qu’il sont récents, ou parce que les intitulés sur les cartes de visite sont complètement abstraits.

Et puis faire un CV ce n’est plus si évident! Le cv en mode chronologique ou « déroulement de la vie » est largement  remis en questions: on est plus en arborescence qu’en ligne.

Le parcours c’est une dynamique, plus qu’une accumulation.

La dynamique professionnelle -personnelle existe de moins en moins car

elle sous-entend l’idée du masque professionnel. Or de plus en plus on souhaite montrer qu’on est soi + son réseau de partenariats+ les réseaux que l’on a construits. Une arborescence.

Mais alors ça sert à savoir se vendre???

Et si …

  • on remplaçait « marque » par « Empreinte« ?
  • on remplaçait »produit » par « Multiplication« ?
  • on remplaçait « vendre » par « Converser« ?

Ma marque personnelle c’est avant tout l’empreinte que je veux laisser.

L’expertise ne suffit pas

On est expert de soi-même et on est le meilleurs expert de son projet. MAIS Les experts ne sont pas les meilleurs communicants

Donc, le but c’est de :

  • Savoir parler de soi en parlant aux autres
  • Savoir se mettre en avant dans son propre style
  • Savoir nouer des relations durables avec son réseau
  • Savoir toucher sa cible

Ce qui demande

  • d’avoir une vision claire de qui ont est et ce que l’on veut,
  • d’avoir de l’estime pour soi
  • d’oser exprimer sa différence pour réussir.

Comment on commence?

1- Voici une première méthode que je trouve interessante: le business model personnel que vous pouvez retrouver sur le site Business Model YOU

Remplissez le canevas en ayant bien à l’idée qu’une ligne verticale sépare cette carte en deux: ce qui est à gauche représente votre efficacité – cerveau gauche/ logique- , ce qui est à droite représente vos valeurs – cerveau droit/ émotion-.

2-Bâtissez votre « légende personnelle » à l’aide du Voyage du héros. C’est cela qui donne de la cohérence à tout le reste!

(N’hésitez pas à vous référer au livre de Joseph Campbell pour comprendre toutes les étapes. Oui oui, le héros c’est vous!)

Vous pouvez aussi raconter votre histoire en respectant cet ordre:

Et maintenant pitchez!

1- Le pitch twitter: le minimum syndical. Mon préféré. Je l’appelle aussi le pitch « verbe d’action ».

 voilà ce que je fais / pour qui/ pour quoi 

(« j’accompagne les managers à faire des réunions plus efficaces grâce à des techniques spécifiques »)

2- Le pitch question : c’est celui qui part de la frustration de votre interlocuteur. C’est celui qu’il faut construire quand on est porteur de projet.

Vous est-il déjà arrivé de….?

(« Avez-vous déjà consulté plusieurs pages internet sans trouver une méthode claire et simple pour vous aider à réussir votre Pitch ? Vous n’en avez pas assez de ces pages web optimisées pour le référencement mais qui ne vous apportent ni exemple concret ni la bonne méthode rapidement ? Et bien c’est ce que nous avons vécu chez….Et nous avons décidé de… »)

3- Pitch Storytelling : votre histoire

Lorsque j’ai commencé à travaillé,  (j’ai vécu telle experience/ je me suis rendu compte de ….) et aujourd’hui j’ai envie de partager une raison profonde pour laquelle je fais ce métier là.

4- Pitch « un seul mot ». Le must. inventé par Maurice Saatchi. C’est le mot que l’on dit en pensant à vous. C’est à vous que l’on pense lorsqu’on entend ce mot.  Vous n’y croyez pas?  A quelle société informatique pensez-vous lorsqu’on vous dit le mot « recherche » ? Si vous répondez Google, alors frottez-vous au pitch en un seul mot.

Dan Pink conseille de commencer par rédiger un pitch en 50 mots. puis le réduire à 25, puis 6. On parie que dans ces 6 mots, il y a LE mot.

Il en existe quelques autres, je dirais réservé aux joueurs, ou aux personnes plus expérimentées car ils font appel à l’humour ou à la provocation. On se les garde pour plus tard!

C’est difficile? Je vous propose d’expliquer votre parcours, votre métier ou votre projet à un enfant de 7 ans. Cela oblige à utiliser des mots simples , simples, basiques. (pardon! mais je n’ai pu m’en empêcher), et par là-même  aller à l’essentiel.

Une dernière chose

Vous êtes en train de passer pas mal de temps sur ce que vous faites, ce que vous êtes … n’oubliez pas de penser à

  • ce que vous ne faites pas;
  • ce que vous refusez de faire (et que vos concurrents font) ;
  • qui sont vos concurrents;
  • qui sont vos partenaires.

La dernière des dernière

N’ayez pas peur d’être clivant! 

Si tu fais un film qui plait à tout le monde, tu n’auras pas fait avancer le cinéma – François truffaut

 

 

 

La Rencontre

« Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie. »Victor Hugo

Il y a des rencontres qui changent notre vie. La plupart du temps, et à moins d’événements extérieurs frappants, tous les grands changements de notre existence ont été initiés  par une rencontre.

Albert Camus, dans Le premier homme, raconte son enfance et la rencontre décisive avec son instituteur qui a cru en lui permit d’entrer au lycée. Pour quel destin!

Nos vies, leurs virages, leurs accélérations, leurs pauses, peuvent être relatés par les rencontres qui les ont ponctués. Amours, grandes amitiés, mentors, professeurs, partenaires, enfants…. mais aussi personne oubliée dont il nous reste la phrase, le regard ou la présence qui a changé notre trajectoire.

Les rencontres ont ce pouvoir: influer les trajectoires. Elles peuvent contrarier les projets les plus sûrs, ou au contraire accélérer le temps. Elles peuvent détruire ou démultiplier. Elles nous demandent de nous positionner, de nous engager, par leur pouvoir d’attraction.

Une rencontre est une promesse de futur différent. Une promesse de changement. Cette expérience n’a rien à voir avec le fait d’être timide ou pas, extraverti ou introverti. Elle est parfois fortuite, parfois provoquée,  instantanée ou sur la durée, mais aura cette influence sur nous qui nous fera la décrire ensuite comme le point de départ, l’origine.

Partant de cette expérience concrète si souvent relatée, qu’une rencontre est à l’origine d’une nouvelle idée, d’une nouvelle façon de voir, d’une solution, d’une énergie ou d’une certitude, il est intéressant de se demander comment elle advient dans la vie professionnelle et dans l’entreprise.

Et si, … au-delà des process, des organisations, des événements de l’entreprise, on pouvait favoriser les rencontres au-delà des rendez-vous connus, au-delà des hiérarchies et des habitudes?

Le networking? Pour échapper au monde des sites de rencontres amoureuses, le « networking » a insisté sur le but de faire des rencontres pour construire un réseau professionnel et trouver à terme le travail souhaité. Les personnes rencontrées ne sont pas le fruit du hasard, mais ont des positions, des compétences ou des relations que nous imaginons pouvoir servir nos propres projets. Dans le networking, rencontrer les autres est l’action à faire. Dans la rencontre, l’action nait de cette rencontre.

La « rencontre » a un caractère hasardeux, relève de la « sérendipité » (c’est-à-dire du don de faire des trouvailles par hasard), mais surtout, surtout, son résultat, ou ce qu’elle produit est totalement imprévisible. Elle a un caractère émotionnel, cognitif, et physique en même temps.

Il est difficile de faire le projet de favoriser quelque chose de si imprévisible dans un monde concentré sur la maîtrise du risque, et où succès et performance ont une place si prépondérante.

Il est difficile de vouloir favoriser quelque chose qui a plus de rapport avec la « rencontre amoureuse » par son caractère intuitif, qu’avec un « entretien d’évaluation » professionnel bien cadré dans le milieu professionnel.

Et pourtant, lorsqu’elle se produit, son effet est si puissant, sa capacité à transformer est telle, personnellement et professionnellement, qu’il semble indispensable de lui créer des espaces propices, et notamment dans le monde du travail en pleine mutation.  Rencontrer, avoir accès, découvrir, être surpris, écouter, s’imprégner, imaginer, … comment donner ces occasions à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation?

La rencontre est une liberté, un traie de génie humain. 

Et vous, quelles ont été les rencontres marquantes de votre vie? 

Vous trouverez bientôt sur le blog une page dédiée à la recherche de tous les facteurs, techniques, événements, idées et expérimentations qui peuvent favoriser les Rencontres en ceci qu’elles font partie des plus grandes  forces de changement et de transformation de l’être humain.

 

Dans quel océan nagez-vous?

Le livre de Dudley Lynch et Paul Kordis  La stratégie du Dauphinles idées gagnantes du 21e siècle (ed. de l’Homme) est le premier ouvrage depuis longtemps, sur le changement et sur le management, qui rompt avec les métaphores guerrières ou la pensée positive, pour prendre le parti de parler de conscience et d’intelligence. 

Il propose une métaphore très puissante du monde dans lequel nous vivons et de nos organisations, qui permet d’identifier 3 grandes catégories de personnalités selon les stratégies qu’elles déploient pour vivre et survivre.

L’image est celle d’un bassin qui représente notre univers ou notre organisation dans lequel vivent des carpes, des requins et des dauphins. Selon sa conception du monde, chacun adopte des comportements différents face à la vague du changement. 

Sans vouloir  résumer l’ensemble du livre  il m’a paru très interessant de rassembler pour chaque type de personnalité toutes les caractéristiques égrenées au fil des pages pour dresser les « portraits psychologiques » de ces figures universelles.

Je vous propose les 3 archétypes principaux (le livre contient un profil supplémentaire hybride). J’espère que leur finesse vous donnera envie de lire le reste de l’ouvrage et de vous en servir pour découvrir comment devenir un dauphin d’exception! « Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite…. »


Depuis toujours les humains, leurs familles, et leurs organisations ont généralement adopté deux types de stratégies pour faire face au monde: la strategie de la carpe  ou la stratégie du requin. Nous allons voir une nouvelle stratégie beaucoup plus puissante, celle du dauphin, née d’un cerveau qui a compris que le monde change et que nous devons changer aussi; et que ce qui doit changer c’est la qualité et l’ampleur de notre conscience de la complexité, ainsi que notre aptitude à travailler dans cette complexité et à y être à l’aise.

Les carpes

Renoncement et désengagement
  • Le cerveau primitif laisse 3 réactions aux événements extérieurs: le combat, la fuite ou l’immobilité. Les carpes n’en utilisent que deux: elles s’enfuient ou restent figées. Elles se font souvent dévorer.
  • Si elles restent dans leur territoire de carpes avec plein d’autres amies carpes à ne faire qu’un travail de carpe, elles peuvent se sentir en sécurité temporairement.
  • Quand elles ont le choix, les carpes sont d’accord, mais elles préfèrent ne pas avoir à choisir.
  • Les carpes pensent que nous vivons dans un monde de pénurie, que tout est limité . Elles imaginent  que ce que nous avons,  et ce que nous pouvons avoir,  est conditionné par nos comportements structurés et prévisibles.
  • Les carpes s’attendent à ne jamais avoir assez ou faire assez.
  • Les carpes, si elles ne peuvent pas faire autrement que de choisir ou apprendre, préfèrent se sacrifier.
  • Les carpes ont généralement vécu des événements traumatisants  suffisamment dramatiques pour qu’elles se disent « je ne peux pas gagner, ni maintenant, ni jamais ». A cause de cette croyance, les carpes concentrent tous leurs efforts à éviter l’échec. 
  • Les carpes ne peuvent pas faire autrement que penser que le monde est pénurie. Cette croyance devient une hypnose.
  • Les carpes sont toujours dans le coin des « victimes » ou règne la souffrance de ceux qui donnent sans jamais recevoir.
  • Les carpes évitent d’assumer des responsabilités, évitent de faire quelque chose de différent, en étant toujours esclave de quelqu’un d’autre (souvent le « persécuteur » est un  requin)
  • L’état d’hypnose les empêche de reconnaitre la possibilité du changement et  de l’abondance.
  • Les carpes cherchent à comprendre les besoins des autres et cherchent des indices subtils de ce que les autres attendent d’elles.
  • Il leur est facile de croire qu’elles sont nées pour sauver les autres. (« sauveur »)
  • elles pensent qu’on a besoin d’elles qu’elles font du bien autour d’elles, mais fatalement elles trouvent qu’on ne les respecte pas. Elle se sentent trahies quand on ne leur témoigne pas de gratitude et redeviennent alors « victimes ».
  • Les carpes ne participent pas au jeu, empêchent les autres de gagner, n’achèvent jamais rien, sabotent le jeu, jouent le rôle du « bon gars »et deviennent un problème.
  • Le désengagement des carpes les oblige à commettre leurs erreurs seules; il les empeche de profiter de l’expérience des autres.

Les carpes disent:

"J’ai été impuissant et je le serai toujours", 
"Ma souffrance n’est pas vaine", 
"Dans la vie il faut perdre", 
"Tous les gains importants comportent un partie de sacrifice".

LES requins

Mainmise et compromis
  • Les requins pensent que nous vivons dans un monde de pénurie.
  • C’est pourquoi ils ont l’intention d’obtenir un maximum quoi qu’il arrive.
  • Les requins croient nécessaires qu’il y ait un perdant, et ils sont résolus à ce que ce ne soit pas eux.
  • Ainsi ils deviennent des « persécuteurs ».
  • Les requins deviennent dépendants du jeu de la pénurie et ils inventent des systèmes et des organisations qui créent une dépendance.
  • Ce qui caractérise les stratégies des requins
    • l’arnaque (pour éviter d’être blâmé)
    • le brouillard (pour se camoufler)
    • le déni (pour éviter la réalité des événements)
    • la supposition (pour avoir toujours raison)
    • le besoin de contrôle
    • l’égocentrisme
    • la mainmise
  • Les requins n’ont pas une espérance de vie plus longue que les carpes, contrairement à ce que l’on pourrait penser, une fois le stock des victimes faciles épuisé, et la liste des ennemis de plus en plus longue.
  • Leurs chances de survie dans le bassin ne sont pas plus importantes.
  • La seule manière de s’en tirer individuellement pour les requins est d’opter pour la stratégie du compromis, en désespoir de cause.

Les requins disent:

"Après tout dans le monde c’est la loi de la jungle", 
"Je t’avais prévenu", 
"La compétition est inévitable",
"La compétition nous pousse à donner le meilleur de nous-même", "La compétition est le seul moyen de s’amuser", 
"La compétition forme le caractère". 

Les dauphins

Les seuls animaux qui peuvent être fatals aux requins
  • Les dauphins se développent dans un environnement rude.
  • Les dauphins restent vigilants, analysent les courants, recherchent les indices, surveillent l’évolution de la situation.
  • Les dauphins nagent dans n’importe quel océan, courant ou bassin.
  • Ils agissent en groupe ou agissent avec compétence quand ils sont seuls.
  • Quand quelque chose ne marche pas, les dauphins poursuivent implacablement quelque-chose d’autre, quelque-chose qui marche.
  • Les dauphins peuvent, au besoin, attaquer mortellement le requin.
  • Les dauphins ne sont pas très attachés à une idéologie mais savent être très politiques.
  • Les dauphins aiment gagner mais n’ont pas besoin que vous perdiez.
  • Les dauphins disent la vérité et évitent de gaspiller du temps dans les drames inutiles.
  • Les dauphins ont une vision claire de ce qu’ils souhaitent mais ne sont pas kamikazes pour autant.
  • Les dauphins usent de représailles, mais pardonnent aussi rapidement car la rancune n’est qu’un obstacle artificiel qui finit par être insupportable dans un univers créateur et fluide.
  • Les dauphins croient à la possibilité d’une pénurie comme à la possibilité de l’abondance. Comme ils croient que les deux sont accessibles, qu’ils ont le choix, ils peuvent se servir de ce qu’ils ont comme d’un levier et exploiter leurs ressources de façon élégante, flexible, en faisant  « plus avec moins » ce qui est leur pierre angulaire.
  • Les dauphins sont ce que le comportement qu’ils ont choisi leur permet d’être, quand les autres pensent qu’ils sont leur comportement.

Les dauphin disent:

"Il nous faut apprendre à surfer sur la vague",
"Il nous faut apprendre à créer des visions irrésistibles et à agir sur elles",
"Il nous faut apprendre à changer de jeu",
"Il nous faut acquérir une estime de soi solide",
"Il nous faut apprendre à travailler en coopération",
"Il nous faut chercher par-dessus tout à faire plus avec moins",
"Il nous faut apprendre à nous ouvrir à la surprise et au futur", 
"Il nous faut assumer notre responsabilité",
"Il nous faut découvrir notre but ultime personnel et chercher à l’atteindre".

Les carpes et les requins sont en danger dans notre monde parce qu’ils croient que leur survie résulte de leurs comportements.

Placés devant la nécessité de changer, ils leur est typique de s’enfoncer encore plus profondément dans leurs comportements. Ils tentent de faire la même chose mais plus intensément.

Alors que les dauphins croient en leur propre valeur indépendamment de leurs comportements, et n’hésitent pas à faire des percées vers d’autres bassins…


Nous avons été formatés pour réfléchir en carpe ou en requin. Il est normal d’en avoir des réflexes. Mais nous pouvons réfléchir à une autre manière de penser, et devenir le dauphin qui sommeille en nous.