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Aie confiance….!

Pouvez-vous me décrire la dernière fois que vous vous êtes senti(e) en totale énergie en travaillant? Ce moment ou votre stylet glisse sur la tablette plus vite que votre esprit, comme si votre corps tout entier surfait sur une vague d’énergie, le sourire aux lèvres ; ou de cette présentation durant laquelle les mots que vous prononciez sonnaient juste même si votre voix tremblait un peu et que vous avez profondément senti l’effet que cela faisait sur votre auditoire? Bref, ce moment de flow où vous étiez en totale confiance?

Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai rencontré 3 personnes qui me racontaient tout ce à quoi elles renonçaient quotidiennement, au motif qu’elles n’avaient pas confiance en elles. Cela allait de rappeler un prospect, à candidater pour un job, en passant par dire « non » à un client.

Peu importe la nature de ces renoncements; il m’a semblé que la phrase « Je n’ai pas assez confiance en moi », les avait hypnotisées, empêché d’agir et les avait laissées là, paralysées, leur faisant oublier par la même occasion à quoi ça ressemblait d’avoir confiance en soi.

Commençons par le commencement, « avoir confiance en soi » ne veut pas dire

  • être sûre du résultat que l’on va obtenir,
  • être meilleur(e) que tous les autres,
  • être capable de vendre père et mère pour obtenir une mission,

La confiance en soi c’est cette énergie spéciale qui nous permet d’avancer même si l’on a peur (voire très très peur), et qui nous donne de la joie. La confiance est à l’intérieur de nous. Il « suffit » de la laisser apparaître.

Cette énergie se nourrit de deux choses principales: le sentiment d’être légitime, et celui d’être en accord avec ce que l’on fait.

La légitimité, c’est le droit qu’on vous reconnaît à faire ce que vous faites. Vous avez été formé, on vous a confié une mission, vous avez été embauché : vous êtes légitime. Point.

Attention, la légitimité ne vient pas de vous. Votre responsabilité à vous, est de montrer toute votre potentialité, de montrer qui vous êtes vraiment, de sorte qu’il n’y ait pas d’erreur de casting. Mais ce n’est pas à vous de vous demander si vous valez le coup! Plus on se pose cette question, plus on voit les imperfections, et… moins on tente, moins on a d’expérience, et plus on perd… confiance en soi.

Comment savoir maintenant si l’on est bien en accord avec ce que l’on fait? Tout d’abord, si vous avez la sensation de tricher, voler et mentir, clairement c’est que vous n’êtes pas en phase avec vos valeurs! Pus subtilement, vous pouvez vous demander si le projet dans lequel vous vous êtes engagé est bien une étape vers votre objectif ultime, si ses conditions de mise en œuvre correspondent bien à la façon dont vous avez décidé de travailler et de vivre, ou enfin si le sujet que porte ce projet vous rend fier…

Evidemment, au quotidien c’est parfois plus difficile; certains clients me disent qu’ils n’ont pas le choix, que malgré certains succès ils ne se sentent pas légitimes ni reconnus. Et ils me contactent avec l’objectif de retrouver leur confiance en eux.

À ces personnes je dis que la confiance est un résultat et pas un objectif.

Autrement dit, si votre objectif est « d’ici 3 mois je veux avoir confiance en moi », il n’y a aucune chance que vous y parveniez. En revanche, si c’est un résultat, alors, c’est qu’il y a des leviers à travailler, et eux vont devenir vos objectifs.

Concrètement en voici trois:« le physique, le langage, et le cadrage »

Le physique: prendre soin de vous.

Notre physiologie, nos sens, nos perceptions, c’est ce qui est totalement singulier en nous. C’est notre premier filtre de la réalité, celui qui va construire par la suite, nos émotions, notre créativité, nos valeurs, notre vision du monde. Notre corps est un temple, comme disent les sages, c’est aussi un sacré outil de travail dont il faut absolument prendre soin ! Son impact est tel que vous ne direz pas la même chose, et vous ne penserez pas la même chose si vous vous exprimez la tête haute, le dos droit et les bras en mouvement, que voûté, le menton vers le bas, bras ballants.

#concrètement dés que vous vous sentez en manque de confiance, re-branchez vous à votre corps; c’est un raccourcis très puissant vers vos ressources.

  • de la méditation chaque jour (il existe quelques très bonnes applications smartphone avec une dizaine de séances gratuites)
  • de la musique
  • de la marche tous les jours (minimum 1/2h), du yoga, de la danse du sport, bref, du mouvement.

Avez-vous déjà remarqué que vos meilleures idées viennent lorsque vous marchez, vous prenez votre douche ou vous conduisez? C’est parce qu’à ce moment, votre corps est en mouvement et qu’il libère le mental. Personnellement je marche tous les jours en fin d’après midi pour faire la coupure avec la soirée, équipée d’un Dictaphone pour noter toutes les idées qui me viennent forcément à ce moment là.

 

Le langage: adopter une communication écologique

Les mots sont une richesse infinie, mais ils ont aussi un grand pouvoir sans que l’on s’en aperçoive toujours.
Ainsi le vocabulaire que vous choisissez, le registre que vous utilisez, les tournures que vous employez ont un impact sur votre état d’esprit.

#concrètement sans rentrer dans des explications savantes sur le cerveau et la communication, souvenez- vous que

  • le cerveau humain ne comprend pas bien les tournures négatives. Pour cette raison, il vaut mieux dire à un enfant « Arrête- toi! » plutôt que « Ne traverse pas! ». En ce qui vous concerne, tentez l’exercice de tourner toutes vos phrases de façon positive: « je n’y arrive pas » devient « je me demande comment y arriver », Pigé? ça change tout.
  • Parlez-vous gentiment. Parlez-vous bien. Nous avons un langage intérieur souvent très fourni, et si vous y prêtez attention, vous verrez que bizarrement, on se parle d’une manière plutôt dure et intransigeante : « que je suis bête », « ah j’aurais dû faire autrement », « je n’y arriverai jamais! »….Au final vous allez vraiment y croire, vous penserez que vous êtes bête et incompétent. Alors ne vous laissez pas hypnotiser par les mots: parlez-vous de manière encourageante, et tolérante, même si personne ne vous entend. Cela va changer votre état d’esprit. Et ça, ça se voit aussi de l’extérieur.

 

Le cadrage: décider du regard que l’on pose sur sa vie.

La confiance en soi est fondée sur l’expérience. L’expérience est fondée sur la relation aux autres. La confiance se construit grâce aux autres, grâce à l’expérience que l’on acquiert en étant en relation aux autres.

En restant dans son coin, on réduit passablement son horizon jusqu’à se retrouver complétement zoomé sur soi-même. Et plus on se regarde, plus on se critique, plus on voit tout ce qui ne va pas, et moins on a le courage de se relier aux autres.

#concrètement, brisez absolument ce cercle vicieux, le plus vite possible! Et même si vous êtes timide, intégrez un groupe, un club, un réseau, une tribu, une asso…. que ce soit dans des domaines professionnels, personnels, de loisirs ou de solidarité, peu importe!

Dernière précision! En plus de tous les réseaux virtuels qui élargissent votre horizon d’une manière exponentielle, n’oubliez pas d’intégrer un réseau réel. Rappelez-vous: votre corps est la matière première de tout votre génie! En attendant d’être des corps virtuels, faites grandir votre expérience réelle sensible et sensuelle, c’est elle qui rajoute des pierres à l’édifice de la confiance en soi.

Vivez en grand angle. Vous aurez moins peur: plus le cadre est grand, plus les ressources sont importantes, et plus vous pourrez voir loin. Peut-être jusqu’à votre mission dans la vie!

La Confiance est un verbe d’action!

 

 

La richesse du process

Ou comment la créativité se trouve parfois là où on ne l’attendait pas

Le process… je n’en peux plus! 

Qui n’a pas entendu ce cri du coeur en agence, ou en studio? Je l’ai personnellement beaucoup entendu puisque pendant plusieurs années, le « process »… c’était moi, la coordinatrice de projet.

5 choses récurrentes sur le process :

  • Le process est rigide et empêche toute improvisation, toute recherche, toute créativité et aussi toute erreur.
  • Le process est au service de la rentabilité du projet et non de sa qualité.
  • Le process sert à rendre les personnes interchangeables  au sein d’un projet
  • Le process fige à l’avance les livrables du projet: il est anti-agile.
  • Le process est l’émanation d’un management issu du taylorisme qui n’a rien a voir avec le management de la création.
Alors de quoi parle-t-on vraiment?

Le mot  « process » est un anglicisme que l’on peut traduire par processus ou procédé. Le processus, est « Un ensemble d’opérations successives, organisées en vue d’un résultat déterminé » (CNRTL).

Quant au  « procédé », c’est un « Moyen utilisé en vue d’obtenir un résultat déterminé ». Je rajoute une petite nuance : le mot « procédé » peut avoir une connotation négative spécifique aux activités artistiques, et signifier alors: « l’utilisation excessive de la technique, conférant à l’œuvre un caractère stéréotypé, artificiel »…

Il est fort à parier que lorsqu’on utilise le mot « process » dans le langage courant de la gestion de projet, on pense plus à la nuance péjorative. Le process bloquerait ainsi la créativité, l’imagination, l’improvisation, le contextuel, par l’application de techniques systématiques à l’aide d’outils issus de la productivité et non de la créativité .

Mais ce que l’on crie en disant qu’on n’en peut plus du process!, c’est surtout l’intuition que le processus que l’on suit … n’est pas le bon!

DES process (..s)

Il existe de nombreux « process ».

Le process c’est le chemin.

Et il y a plusieurs chemin pour arriver du point A au point B. En voici quelques uns propres aux métiers de la création:

Prenons par exemple la création d’un concept de magasin, nous allons pouvoir trouver selon l’angle privilégié plusieurs process:

  • Le processus de création: Préparation/ Incubation/ Illumination/ Vérification
  • Le processus de l’innovation: Définition du problème/ Génération des concepts/Sélection des concepts/ mise en œuvre
  • Le processus du design-thinking: Empathie / Définition- formulation des besoins/ Idéation/ Prototype/ Test

Mais si on dé-zoome, on s’aperçoit alors que notre projet de création s’inscrit également dans le projet de l’entreprise qui nous emploie, et donc dans son « process » qui peut être quelque chose comme: prospection/ vente/ production/ facturation.

Et encore peut-être lui-même dans un projet plus large -chez notre client, par exemple- de communication, ou de construction (Esquisse/ avant projet sommaire/ Avant projet détaillé / pro/ études d’éxécution/ Direction des travaux/ Réception) 

Revenons maintenant chez notre créatif. Peut-être travaille-t-il en équipe; et voici d’autres process qui viennent se rajouter au niveau de l’organisation (brief/ brainstorming/ réunion planning etc.) … et peut-être cette personne a-t-elle ses process personnels, ses routines, et ses phases de travail spécifiques?

C’est probablement l’imbrication de tous ces process qui produit cet effet vertigineux, de « trop c’est trop » qui fait qu’à un moment donné on est perdu.

Remettre ces différents systèmes en perspectives, les identifier est important; cela permet de repérer celui où nous avons notre responsabilité (notre contrat, notre emploi, notre mission) et notre engagement.

Mais cela permet s aussi, de pouvoir, en apercevant les autres, orienter notre travail, comprendre ce dont les autres ont besoin, et ce que notre propre travail va leur permettre d’accomplir.

C’est une sorte d’empathie qui va nous permettre d’être plus créatif puisqu’elle abolit les silos entre les différentes dimensions d’un projet, mais aussi encore plus expert dans notre propre process. Nous allons alors expérimenter une nouvelle manière d’être un « profil en T » des process et des systèmes.

LA RICHESSE DU PROCESS
Le process ça donne du temps

Nous avons tous été un jour ou l’autre tentés de trouver une réponse immédiate, à un client pressant, poussés par l’ensemble des recettes qu’on nous donne pour tout et n’importe quoi. Nous avons tous été tentés de reprendre ce qui avait marché pour un autre projet pour (se) rassurer, pour aller plus vite; bref, dés la question posée, trouver la réponse comme dans un jeu télévisuel.

Alors justement, ce fameux  process, c’est lui qui nous sauve de ces dérives. En modélisant les différentes phases de notre pensée complexe, il nous protège des raccourcis dangereux. Il nous force à prendre le temps pour traiter le problème qui nous est soumis. Il est une garantie.

Le process ça donne des espaces d’exploration

Le process c’est comme un cadre; une fois qu’il est posé, c’est-à-dire que nous avons structuré les limites de notre réflexion, et de notre intervention, nous pouvons alors commencer à explorer. Sans ce cadre, l’exploration, paradoxalement, n’est pas libre. Si nous sommes toujours en train de nous demander quel est l’étape suivante, si notre client nous paye bien pour ce que nous faisons, ou si ce que nous faisons est bien utile, notre créativité sera totalement bloquée.

Le process c’est comme la boussole des explorateurs : les explorateurs  savent ce qu’ils veulent atteindre (l’océan, le nouveau continent etc.) mais ils ne connaissent pas le chemin exact pour y arriver; Les explorateurs dessinent les cartes au fur et à mesure de leur progression. Mais leur boussole leur donne toujours la direction.

Il ne faut pas confondre: suivre le process ce n’est pas suivre une carte! C’est suivre la boussole.

Le process ça donne des muscles

Le process est un chemin sur lequel nous allons passer du temps. Comme lors d’une randonnée en montagne, il y a des paysages différents, des obstacles, des côtes et des dénivelés. Si nous sommes focalisé sur la ligne d’arrivée, nous nous épuisons; si au contraire nous sommes conscients des différentes étapes, de notre propre endurance, du plaisir que nous avons à voir le paysage changer, et si nous pouvons nous réjouir du chemin parcouru, alors nous prenons du muscle.

Le process nous aide à ne pas chercher le résultat. (parce qu’alors la seule garantie que l’on ait, c’est de ne pas le trouver!); il nous permet au contraire d’être curieux, de nous ressourcer, d’être en empathie avec ce qui nous entoure, de regarder des choses de plusieurs points de vue différents.

On sait tous qu’aucun créatif ne choisit sa première solution à un problème;

le process nous permet de ne pas rester bloqué.

LA CRÉATIVITÉ DU PROCESS ? 

Est-ce que le process nous rend interchangeable? Non. Il nous permet de choisir  une destination, à chacun d’entre nous de chercher comment l’atteindre.

Chacun a sa manière de conduire, même si tout le monde emprunte le réseau routier.

Il nous offre aussi la possibilité de choisir comment on veut voyager; et  pour cela de créer nos propres outils; de concevoir notre propre feuille de route.

Il nous donne la possibilité de mieux nous connaître. C’est en suivant des process que nous créons notre style.