La quête de sens

« Je veux que mon travail ait du sens », « Nous devons créer du sens », « il  faut donner du sens à nos objectifs » …voilà ce que les individus, les collaborateurs, les managers ou les entreprises cherchent, entraînés dans cette quête par l’élan des millenials qui met en lumière l’une des causes les plus fréquemment avancée de la souffrance au travail : le manque de sens ressenti dans son activité. 

De quoi parle-t-on?

Le mot sens n’a pas une définition  claire, mais trois acceptions:

  • les 5 sens
  • la direction
  • la signification

Quel est le point commun entre ces trois acceptions? C’est que le sens est toujours ailleurs*.

  • Nous ne pouvons voir notre vue, ni toucher notre toucher!
  • Le trajet Paris-Bordeaux n’a pas de sens en soi, et n’existe que depuis son point de départ  vers sa destination;
  • Le sens est dans la chose, pas dans le mot;

Bref, le sens est toujours à l’extérieur.

Que peut-on dire à partir de cela sur cette quête de sens au travail qui nous occupe?

Que le sens du travail n’est pas  le travail… De même, que  le sens de l’innovation n’est pas l’innovation. À tel point que nous sentons bien que nous arrivons à des absurdités lorsque nous « travaillons pour travailler » ou pire en ce moment, que nous « innovons pour innover ».

Cela n’a pas de sens! Et c’est normal.

Où chercher le sens alors?

… »Dans la finalité extérieure » dit Julia de Funès dans son dernier essai(**);

À l’extérieur de nous-même, à l’extérieur de l’entreprise, c’est-à-dire à l’extérieur de nos techniques, de nos objectifs, de nos moyens, ou de nos métiers.

Selon Guy Kawasaki, ancien responsable marketing d’Apple, d’une manière plus américaine, le sens n’a rien à voir avec l’argent, le pouvoir ou le prestige. Le sens n’est pas non plus dans le fait de créer un lieu où il est amusant de travailler (***)

Selon lui, les sens du mot sens sont:

  • faire du monde un monde meilleur;
  • Améliorer la qualité de vie des gens;
  • Réparer un préjudice terrible;
  • Empêcher la fin de quelque chose de bien.

Le sens est à trouver à partir de soi-même bien-sûr, de la même façon que l’on aborde un projet, mais à l’extérieur, c’est-à-dire à un endroit qui pourra donner aux événements désordonnés qui nous entourent et avec lesquels nous inter-agissons une structure cohérente à travers laquelle les actions en cours et les possibilités futures pourraient avoir du sens. 

Trouver la finalité extérieure, cela demande curiosité, critique, créativité, exploration, sensibilité, prise de risque et par dessus tout Amour.

Et paradoxalement, plus on se tourne vers nous-même en cherchant le « sens profond », moins on le trouve.

Le sens c’est comme ces images que vous ne pouvez reconstituer qu’avec un miroir… C’est de l’optique en quelque sorte! 

Alors passons de l’autre côté du miroir!

 

 

(*)Julia de Funès à Institut Sapiens, conf. du 06.11.18

(**)La comédie (in)humaine – J.de Funès, N.Bouzou. oct. 2018

(***) Guy Kawasaki – l’Art de se lancer

 

Une réflexion sur « La quête de sens »

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